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Diminuer l’âge au premier vêlage pour limiter son empreinte carbone

Les leviers liés à la gestion de la reproduction peuvent permettre une baisse importante des émissions de gaz à effet de serre d’un élevage. Parmi eux, l’âge au premier vêlage est souvent mis en avant. Nous revenons sur les intérêts de le diminuer, tant sur des aspects environnementaux que sur les plans technique et économique.

Mis à jour : 15/01/2026

vaches et veaux de race charolaise dans un champs

Si dans de nombreux élevage, l’âge au premier vêlage se situe entre 30 et 36 mois, il est possible de se fixer un objectif entre 24 et 28 mois.

Quels sont les intérêts d'une diminution de l'âge au premier vêlage ?

Des vêlages plus précoces peuvent être intéressants sur différents aspects :

  1. Sur le plan environnemental : par à la diminution des effluents et des émissions de méthane issues de la rumination
  2. Sur l’organisation du travail : si l’âge moyen est supérieur à ses objectifs et entraine un décalage des périodes de vêlage
  3. Sur la sélection des animaux : plus le vêlage est précoce, plus le progrès génétique est rapide
  4. Pour la gestion des fourrages et des bâtiments.

Deux cas de figure vont ainsi se présenter :

A nombre de vêlages constant En maintenant les UGB

Même nombre de vêlages et diminution du nombre d’UGB pour : 

  • sécuriser un système fourrager 
  • diminuer le chargement en bâtiment en réduisant le nombre de génisses à élever, pour des raisons sanitaires, de bien-être animal, de travail ou d’économie de paille… 
  • libérer des surfaces pour des cultures de ventes

Même nombre d’UGB et hausse du nombre de vêlages pour : 

  • améliorer la productivité du système 
  • pour des BV, réduire le prix de revient de la viande bovine ou dégager davantage de revenu 
  • valoriser des pâtures ou autres surfaces en herbe non convertibles en cultures

Réduction du coût alimentaire

Au-delà de 24 mois, chaque mois d’élevage supplémentaire, une génisse consomme 8 à 12 kg MS de fourrages/jour. Gagner 3 mois sur l’âge au premier vêlage permet d’économiser 700 à 1 000 kg MS/génisse élevée
Les essais menés sur la ferme expérimentale des Trinottières (49) a montré une diminution des coûts d’élevage de 10 % grâce à la mise en production plus rapide des génisses laitières.

 

Élevage des génisses à la ferme des Trinottières

Les essais sur l’élevage Charolais de la ferme expérimentale de Jalogny montrent quant à eux une amélioration de l’EBE de 3 à 6 % en fonction du nombre de vêlages supplémentaires.

Des vêlages plus précoces peuvent également permettre d’avoir moins d’animaux immobilisés, et ainsi de dégager des capitaux plus rapidement sur l’exploitation.

Et dans la pratique ?

Réduire l’âge au vêlage des génisses implique d’adapter l’alimentation pour obtenir une génisse suffisamment développée et prête pour être inséminée plus tôt.

Un suivi régulier devra donc être mis en place pour suivre la croissance des génisses.

Les objectifs pour les races les plus fréquentes sont : 

Pour les bovins allaitants Pour les bovins laitiers
1000 g/j de la naissance au sevrage  900 g/j de la naissance à 6 mois
750 g/j jusqu’à la mise à la repro (280 à 300kg au sevrage) 750 g/j de 6 mois au vêlage

En charolais, le poids minimum recommandé pour la reproduction est de 430 kg.

poids minimum d'une charolaise pour vélage

Les changements à envisager sur l'exploitation

  1. Bien maîtriser le suivi des croissances, avec complémentation si nécessaire. Tous les fourrages sont possibles : l’herbe pâturée, le foin, l’enrubannage, les ensilages (herbe, maïs, sorgho, méteil…) permettent tous d’obtenir des croissances adaptées à un vêlage précoce. Une analyse permettra de connaître précisément leurs valeurs nutritives. Quel que soit le fourrage utilisé, la ration devra être équilibrée, voire complémentée afin de permettre une croissance cohérente avec les objectifs et d’adapter les apports de concentrés.
  2. Assurer une croissance soutenue jusqu’à 6 mois pour atteindre 30% du poids adulte 
  3. Viser 70 à 80% du poids adulte à la reproduction (ou 60 % pour l’IA à 15 mois) 

Attention au plan d’alimentation pour maintenir le gain généré par la diminution de la durée d’élevage des génisses.

Si la croissance a été trop faible au cours des six premiers mois des génisses laitières, il vaut mieux éviter de faire de la croissance compensatrice par la suite. Cela risque de favoriser le développement des tissus adipeux et de nuire à la carrière laitière.

Des abaques sont disponibles pour certaines races, comme la montbéliarde, qui présentent les objectifs de tour de poitrine selon l’âge des génisses en fonction de l’âge au vêlage recherché.

Graphique objectif de tour de poitrine des génisses montbéliardes

Quels impacts sur la production ?

  • Pas de perte de production laitière dans le cas de bovins laitiers : la première lactation est moins importante (de l’ordre de 300 kg de lait en moins) mais en ramenant la production à la carrière laitière, les vaches produisent plus de lait par jour de vie, pour une quantité de concentrés moins importante.

Les génisses, qui sont plus légères lors de leur première lactation, rattrapent leur retard au 3e vêlage.

 

  • Pour les bovins allaitants : rattrapage du poids au 2ème vêlage.

Les veaux issus des génisses en vêlage précoce sont plus légers, ce qui facilite le vêlage.

 

  • L’impact sur le temps de travail est variable : il faut consacrer plus de temps à la surveillance des animaux (détection des chaleurs, maîtrise de la mise à la reproduction) et à la gestion de leur croissance ; mais le temps d’alimentation, de paillage/raclage est réduit.