TPE : pourquoi le temps est votre ressource la plus limitante (et comment reprendre la main)

« Le temps est la ressource la plus rare, et à moins de le gérer, rien d'autre ne peut être géré. » Cette citation de Peter Drucker, consultant américain en management, résume à elle seule un mal bien connu des dirigeants de TPE.

Dans le cadre du parcours Entreprendre et Réussir, j’accompagne depuis 20 ans des chefs d'entreprise pris dans cette spirale du manque de temps. Voici pourquoi elle s'installe, et surtout comment en sortir. 

Représentation du temps pour un chef d'entreprise

Quand l'urgence prend toute la place

Dans les petites entreprises, le dirigeant est à la fois au pilotage de son entreprise et en production. Résultat : le temps devient le facteur limitant par excellence, même s’il n’est pas identifié en tant que tel. Les tâches s'arbitrent selon leur urgence réelle ou supposée, et à force de zapper d’une tâche à l’autre, d’une activité à l’autre, d’une mission à l'autre, le dirigeant finit par gérer son temps à l'aune de ce qui presse plutôt que de ce qui compte réellement.

Cette dynamique entraîne trois conséquences bien connues :

  1. une anticipation de plus en plus difficile à imaginer, et encore plus à mettre en place
  2. une énergie priorisée sur les urgences, au détriment des éléments réellement importants
  3. un essoufflement progressif du chef d'entreprise.

Et cette gestion de l’urgence a un impact sur la vie privée : la vie personnelle est rognée, puis sa vie sociale, et pour finir, sa vie familiale. L’entreprise prend toute la place, avec de vrais risques pour soi dans la durée.

Quand l'argent devient, lui aussi, un facteur limitant

Manquant de temps, le dirigeant a plus de mal à revoir son organisation pour l'optimiser. Une conséquence fréquente : il se tourne vers le facteur argent pour compenser. Mais mal utilisé, l'argent devient à son tour un facteur limitant, surtout quand l’environnement incertain contraint la ressource financière.

Prenons l'exemple d'un dirigeant qui, faute d'une rentabilité suffisante, décide de diversifier ses activités pour accroître la résilience de son entreprise. En théorie, l'idée est excellente. Mais dans la pratique, s'il oublie d'intégrer le temps parmi les contraintes à prendre en compte, le projet va exiger un temps qui, au mieux, est sous-estimé voire, au pire, n'existe tout simplement pas. La mise en place génère alors un facteur encore plus limitant : une difficulté à observer le quotidien pour y apporter les corrections nécessaires, et parfois le maintien d'activités peu ou pas rentables dans la durée, qui pénalisent encore davantage l'entreprise.

Souvenons-nous de cette maxime : « un peu plus de la même chose donne toujours plus du même résultat ».

S'arrêter pour penser autrement

Quand un dirigeant se sent limité par son temps, la solution n'est pas de courir plus vite : c'est de penser différemment. S'arrêter permet d'examiner ce qui est réellement fait, d'identifier les tâches ou les organisations de tâches à optimiser, voire à arrêter purement et simplement.  

Des formations sur la gestion du temps ne suffisent pas. D’abord parce que nous ne sommes pas égaux devant la gestion du temps. Il faut identifier pour quelle raison je cours derrière le temps : est-ce que je sous-estime le temps pour faire ce que je dois faire ? est-ce que je préfère faire plutôt que déléguer ? est-ce que j’accepte ce qu’on me demande à mon propre détriment ? Est-ce que je perds du temps sur les détails ? Est-ce que je suis boulimique d’activités ? Etc.

En plus de travailler sur soi, il faut également raisonner par le besoin réel en main d'œuvre de l'entreprise, pour ensuite trouver des solutions innovantes et alternatives pour les moments où l'entreprise a besoin de plus de ressources que ce dont elle dispose. Travailler également les alternatives en cas d’aléas peut être un plus. Cela permet de gagner du temps si l’aléa survient.  

Le « temps de bureau » : le levier qu'on oublie en premier

C'est dans cette réflexion qu'il faut réintégrer ce qu'on appelle le temps de bureau : ce temps qui permet de prendre du recul, d'anticiper l'organisation, d'examiner les performances de l'entreprise, de comparer le prévu et le réel pour mettre en place des correctifs, de faire de la veille, etc.

C'est précisément ce temps-là qui est mis de côté en premier quand on gère dans l'urgence. Et pourtant, c'est lui qui, au final, sert le plus la performance de l'entreprise, sa rentabilité, et la sérénité de son dirigeant.

S'accompagner pour sortir la tête du guidon

Pour y parvenir, il faut s'imposer de prendre le temps, sortir de l'entreprise, et se faire accompagner pour penser autrement. C'est tout l'objet du parcours Entreprendre et Réussir. Au-delà du simple fait de quitter temporairement son entreprise, les apports, le temps dédié et les échanges qu'il propose permettent cette prise de recul indispensable, et aident à trouver ses propres solutions face à ce manque de temps, qu’il soit réel ou ressenti.

Vous vous reconnaissez dans cette course permanente contre le temps ? Un accompagnement peut vous aider à reprendre la main sur votre organisation, à retrouver du « temps de bureau », et à transformer cette contrainte en véritable levier de performance. 

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