Savez-vous réellement ce que boivent vos animaux ?
Ce que vous ne voyez pas peut coûter cher à votre élevage !
Publié le 15.10.2026 par Lucie-Anne Lamard
L'eau claire et sans odeur peut pour autant être de qualité insuffisante, voire dangereuse, pour l'abreuvement des animaux ou certains usages de l'exploitation.
Avec l'évolution du climat, la baisse des débits, le réchauffement de l'eau et l'augmentation des phénomènes de concentration des polluants, la qualité de la ressource se retrouve d’avantage fragilisé.
La première étape consiste à connaître précisément l'eau que vous utilisez.
Comment évalue-t-on la qualité de l'eau ?
Une analyse repose sur deux grands volets complémentaires :
Analyse physico-chimique
Elle mesure notamment :
- le pH
- la conductivité
- les nitrates
- les sulfates
- la dureté
- certains éléments métalliques ou minéraux.
Analyse bactériologique
Elle permet d'identifier la présence éventuelle :
- de coliformes
- d'Escherichia coli
- d'entérocoques
- d'autres bactéries pouvant affecter la santé animale.
Sans analyse régulière, il est impossible de garantir la qualité réelle de l'eau distribuée.
Contrôle de la qualité de l’eau : les 4 questions à se poser
Quand ?
En cas de captage privé et/ou de stockage, il est indispensable de faire au moins une analyse tous les ans. Mais cela peut s’avérer plus régulier en cas de problème sanitaire mais aussi d’épisodes pluvieux intenses, de sécheresse ou de travaux. Ces éléments pouvant contaminer ou faire varier les concentrations de votre eau.
Où ?
Les prélèvements doivent être effectués en entrée de réseau et en bout de ligne, mais attention, pas dans l’abreuvoir (juste avant).
Comment ?
Les prélèvements et les analyses doivent être réalisé par un organisme agréé, selon un protocole strict et précis afin d’assurer le bon respect des normes réglementaires.
Quoi ?
Les analyses doivent porter sur la physico-chimie de l’eau ainsi que sur la bactériologie. Les analyses doivent notamment révéler l’absence totale d’E. Coli et d’entérocoques pour que l’eau soit éligible à l’utilisation dans des processus de transformation alimentaire.
Toutes les ressources ne se valent pas
| Ressource | Abreuvement | Usage alimentaire | Vigilance |
| Eau de toiture | Possible après traitement | Sous conditions | Charge bactérienne et chimique, stockage indispensable |
| Eaux de surface (mares, étangs, cours d'eau) | Déconseillé sans traitement poussé | Non | Forte variabilité de qualité |
| Puits et forages | Oui | Possible selon analyses | Surveillance de l'installation |
| Sources | Oui | Oui sous réserve d'analyses | Protection du captage |
| Réseau public (EDCH) | Oui | Oui | Coût parfois élevé |
Une qualité d'eau dégradée peut avoir des conséquences directe
Une eau inadaptée peut entraîner :
- une baisse de consommation des animaux
- des troubles digestifs
- une diminution des performances de production (lait, GMQ, reproduction, mortalité)
- une augmentation des risques sanitaires
- des difficultés pour certains usages agroalimentaires.
Les problèmes sont souvent progressifs et passent inaperçus pendant plusieurs années.
Une simple analyse permet pourtant d'identifier rapidement les points de vigilance et de mettre en place des actions correctives ou préventives.
La qualité de l'eau devient un enjeu majeur pour les élevages confrontés aux évolutions climatiques.
Notre Diagnostic d’adaptation au changement climatique intègre l'analyse de la vulnérabilité de votre exploitation face aux tensions quantitatives et qualitatives sur la ressource en eau.
☎ Contactez dès aujourd'hui nos équipes pour faire le point sur votre situation et identifier les solutions les plus adaptées à votre élevage : conseil@bfc.cerfrance.fr
Mieux connaître sa ressource aujourd'hui, c'est éviter les mauvaises surprises demain.