Stress thermique des bovins : quels facteurs surveiller et comment en limiter les effets ?

Les épisodes de canicule observés ces dernières années en Bourgogne-Franche-Comté entre autres, soumettent les bovins à un stress thermique de plus en plus fréquent. Ce phénomène affecte directement leur bien-être, leur santé et leurs performances de production. Face au réchauffement climatique, l'adaptation des pratiques d'élevage devient un enjeu majeur.

Des animaux sensibles aux fortes chaleurs

Les bovins disposent d'une capacité limitée à évacuer la chaleur. Chez les vaches laitières, la zone de confort thermique est dépassée dès 15 °C. Les premiers signes d'inconfort apparaissent autour de 23 °C et, au-delà de 40 °C, leur survie peut être compromise.

Sous l'effet de températures élevées et du rayonnement solaire, les animaux modifient rapidement leur comportement. Ils passent moins de temps couchés, halètent davantage et augmentent fortement leur consommation d'eau. À partir de 35 °C, une vache peut boire jusqu'à 140 litres d'eau par jour.

Des conséquences sur la santé et la production

Le stress thermique perturbe le fonctionnement de l'organisme. L'ingestion alimentaire diminue, le rumen fonctionne moins efficacement et l'absorption des nutriments est réduite. Dans le même temps, les besoins énergétiques liés à la régulation de la température augmentent.

Cette situation entraîne une baisse de la production laitière parfois importante. Une hausse de température de 26 à 33 °C, avec 40 % d'humidité, peut provoquer une perte de 2 à 4 kg de lait par vache et par jour. Lors des épisodes de canicule, des diminutions allant jusqu'à 10 kg par jour ont été observées.

La qualité du lait est également affectée, avec des variations des taux de matière grasse et de protéines. Les fortes chaleurs ont aussi un impact sur la reproduction, en réduisant la fertilité des vaches laitières.

Optimiser les bâtiments d'élevage

La priorité consiste à garantir le confort des animaux en favorisant une bonne circulation de l'air et un accès permanent à l'eau.

Les bâtiments doivent être conçus pour maximiser la ventilation naturelle : ouvertures basses pour faire entrer l’air frais, ouvertures au faîtage pour évacuer l'air chaud grâce à l'effet cheminée et espaces dégagés autour des constructions afin de ne pas freiner les mouvements d'air.

Dans les bâtiments existants, plusieurs aménagements peuvent améliorer la situation :

  1. Retirer certains bardages ou murs bas
  2. Installer des ouvertures modulables selon les saisons
  3. Améliorer l'isolation des toitures, surtout en parties basses
  4. Limiter les matériaux qui accumulent la chaleur, comme les tôles ou le béton.

Les plaques translucides en toiture peuvent également contribuer à l'échauffement des bâtiments. On peut alors les remplacer ou les peindre pour réduire le rayonnement direct, ce qui est possible en privilégiant les apports de lumière latéraux.