La stratégie, c'est l'art de l'adaptation

La stratégie est avant tout un terme de guerre. L'un de ses grands théoriciens n'est autre que Sun Tzu, général et philosophe chinois dont la pensée a été résumée dans un ouvrage devenu célèbre : L'Art de la guerre. Le monde de l'entreprise s'est emparé de cette réflexion pour l'adapter à ses propres enjeux. Tout au long de ma carrière j’ai accompagné et j’accompagne des dirigeants qui se posent tous, tôt ou tard, la même question : comment construire une stratégie solide dans un monde qui change plus vite qu'on ne peut la penser ?

Une stratégie née d'une volonté, mais confrontée à la complexité

Une stratégie d'entreprise est, en premier lieu, pensée par rapport à une volonté de ses dirigeants. Elle prend en compte une perception de l'état de la situation de l'entreprise et de son environnement.

Mais la complexité du monde actuel rend cet exercice de plus en plus délicat : il est difficile de penser à tout, difficile d'être certain d'avoir la vision la plus objective des choses, et tout cela va vite, et de plus en plus vite, avec un degré d’incertitude et d’aléas de plus en plus fort. 

Garder le cap, sans figer le chemin

Si la manière traditionnelle de penser sa stratégie reste d'actualité, il est indispensable d'intégrer une réalité nouvelle : il ne sert à rien de vouloir tout caler sur une durée longue.

Deux choses sont à distinguer :

  1. Ce qui doit rester ferme : l'ADN de l'entreprise, ses valeurs, son cap. Ce sont les invariants sur lesquels il ne faut pas transiger. Il ne dépend que des dirigeants.
  2. Ce qui doit rester souple : les actions envisagées, leur agencement dans le temps et les ressources mobilisées, qui seront nécessairement « chahutées » par l'évolution de l'entreprise et de son environnement.

Le sens, lui, reste le même. C'est cette distinction entre le cap et le chemin qui permet d'avancer avec à la fois de l’assurance et de la lucidité.  

On peut faire un parallèle avec le GPS pour un trajet en voiture. La destination finale est ferme, vous la rentrez en premier lieu. Ensuite, vous pouvez indiquer des critères comme péage ou non ou des étapes intermédiaires. Et le chemin que vous avez choisi au départ peut évoluer en fonction des évènements et cela se fait en temps réel. Aujourd’hui, avons-nous conscience de l’adaptabilité que cet outil nous apporte ?

Intégrer l'adaptation dès la conception de la stratégie

L'humilité est ici essentielle : il faut accepter que les actions imaginées aujourd'hui ne se dérouleront pas exactement comme prévu. C'est pourquoi il est fondamental d'intégrer la notion d'adaptation dès le départ, et non comme un correctif de dernière minute. Et là, les atouts des optimistes et des pessimistes sont à « exploiter ».

Concrètement, cela suppose de :

  • Garder des marges de manœuvre en interne (ressources humaines, matérielles, financières) ;
  • Imaginer des solutions alternatives pour des imprévus envisagés internes ou externes (actions alternatives si …,) ;
  • Etre en veille sur son environnement, pour repérer les signaux faibles d’évènements qui pourraient affecter le plan d’actions ou la stratégie ;
  • Faire le point régulièrement sur la situation, afin de mettre en place des correctifs si nécessaire ;
  • Oser bousculer le plan d'action pour saisir les opportunités qui se présentent : une nouvelle technologie, un partenaire qui se manifeste, un marché qui s'ouvre.

Le tout, en gardant en tête le cap qui a été décidé au départ, quand bien même il ne se matérialise pas complètement comme cela a été formalisé lors du travail préalable sur la conception de la stratégie. 

Souplesse et persévérance : le duo gagnant

Conduire un projet, c'est donc apprendre à tenir ensemble deux qualités qui semblent parfois contradictoires : la souplesse et la persévérance.

La persévérance donne le cap et la force de tenir dans la durée. La souplesse permet de saisir les opportunités et de contourner les obstacles sans perdre de vue l'objectif. L'une sans l'autre expose soit à la rigidité, voire l’opiniâtreté, soit à la dispersion, voire l’inconstance.

En conclusion

Comme le disait Winston Churchill :

 Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu'il ne vous prenne par la gorge.

Anticiper le changement plutôt que le subir, voilà tout l'enjeu d'une stratégie vivante. Être accompagné par un tiers, conseiller d’entreprise ou coach peut vous aider à construire cette agilité stratégique : garder le cap tout en développant votre capacité à ajuster le chemin, pour transformer chaque évolution de votre environnement en opportunité plutôt qu'en menace.

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