Optimiste ou pessimiste : le duo qui fait les meilleures stratégies
« Autant les optimistes que les pessimistes contribuent à la société : l'optimiste invente l'avion, le pessimiste les parachutes. » Cette citation de George Bernard Shaw résume à elle seule tout l'enjeu de cet article. En tant que coach certifiée, j'accompagne régulièrement des dirigeants et des équipes à mieux comprendre leur propre fonctionnement face à l'incertitude. Et une question revient souvent : vaut-il mieux être optimiste ou pessimiste pour réussir ? La réponse est plus subtile qu'il n'y paraît.
Publié le 29.07.2026 par Catherine Louat
Optimisme, pessimisme : une question de représentation du réel
Nous avons tous, naturellement, notre part d'optimisme et de pessimisme. Cela tient à notre mode de fonctionnement, à nos valeurs, à la façon dont nous nous sommes construits au fil du temps.
Mais il faut se rappeler une chose essentielle : il ne s'agit que d'une représentation du réel. Je peux tout aussi bien imaginer que tout va bien se passer, ou au contraire qu'il va forcément arriver quelque chose. Je peux penser que je vais y arriver, ou que je vais échouer. Rien n'est écrit d'avance.
Attention à la prophétie autoréalisatrice
C'est ici qu'intervient un phénomène bien connu en coaching : la projection autoréalisatrice, ou pensée magique.
Si je pense qu'il va m'arriver quelque chose de négatif, voici ce qui se produit généralement :
- j'imagine d'abord tout ce qui pourrait mal tourner,
- je guette ensuite, souvent sans m'en rendre compte, uniquement les signaux qui confirment ce risque,
- et lorsque la difficulté survient, je me dis « j'avais raison de m'inquiéter ».
Résultat : mon pessimisme se renforce.
À l'inverse, si j'ai la certitude que je vais y arriver malgré les obstacles, je vais chercher des solutions, emprunter d'autres chemins que ceux imaginés au départ, et ne pas rester bloqué sur le problème. Mon optimisme s'en trouve renforcé.
Notre état d'esprit façonne donc, en grande partie, notre réalité.
L'optimisme réaliste : une posture qui s'entraîne comme un muscle
Attention toutefois : il ne s'agit pas de devenir un optimiste béat, déconnecté des réalités. L'objectif est de développer un optimisme réaliste.
Être optimiste est avant tout une posture, et comme un muscle, cela s'entraîne. Cela passe par le développement de la pensée positive : apprendre à voir ce qui s'est bien passé dans sa journée, dans un projet, dans son entreprise. C'est un effort quotidien, avant que cela ne devienne naturel.
C'est précisément là que le coaching prend tout son sens : le coach joue le rôle d'un entraîneur, comme pour un sportif, qui aide à muscler cette posture optimiste au fil du temps.
En entreprise, il faut combiner les deux
Optimisme et pessimisme ne s'opposent pas : ils se complètent, et c'est justement leur combinaison qui fait la différence.
L'optimisme permet de se projeter dans un avenir incertain, d'imaginer un projet et les moyens d'y parvenir. Ce sont les optimistes qui sont les pionniers : ils osent aller de l'avant, explorer des horizons innovants, et transformer les menaces en opportunités grâce à des solutions souvent créatives.
Le pessimisme, lui, permet d'anticiper les obstacles et les risques, et de trouver des solutions pour les contourner ou y faire face.
Comme il est rare d'être naturellement équilibré entre ces deux postures, un dirigeant a tout intérêt à s'entourer de personnes qui ne sont pas « câblées » comme lui. Il doit accepter d'écouter réellement ce qu'elles lui disent, les interroger sur leur vision du monde et leur manière de percevoir les situations, afin d'en nourrir sa réflexion et la stratégie qu'il met en œuvre.
Ils ont osé l'optimisme : l'entrepreneuriat comme aventure
Notre environnement actuel regorge d'entreprises qui ont osé l'optimisme : oser faire des choses nouvelles, transformer des menaces en opportunités, attaquer des marchés avec un état d'esprit de « pirate », et parfois même changer un secteur d'activité, voire la société tout entière.
Il fallait être « fou » pour imaginer que l'homme marcherait un jour sur la Lune. Il fallait être « dérangé » pour penser faire concurrence à la NASA et lancer des fusées. Et pourtant, l'homme a marché sur la Lune, et SpaceX existe aujourd'hui.
L'entrepreneuriat est avant tout une aventure d'optimisme. Il est important de retrouver ce qui nous a animés au début de notre parcours d'entrepreneur. Pour cela, au-delà de se fixer un cap ambitieux et motivant, il faut cultiver une posture optimiste tout en utilisant sa part de pessimisme pour maximiser ses chances de réussite.
En conclusion
Je terminerai avec cette citation de Winston Churchill, qui résume parfaitement cet équilibre à rechercher :
« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté. »
Et vous, quelle est votre part d'optimisme et de pessimisme ? Le coaching peut vous aider à mieux la connaître, à l'équilibrer, et à en faire un véritable levier de réussite pour vous et votre entreprise.