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Les émotions, freins et moteurs de l’entreprise

La chanson Foule Sentimentale d’Alain Souchon nous rappelle à quel point les émotions et la quête de sens traversent notre quotidien. Ce qui est vrai dans la vie personnelle l’est tout autant dans la vie professionnelle. En entreprise, les émotions sont omniprésentes : elles influencent la motivation, la performance, les relations et les décisions. Elles peuvent se révéler être de véritables moteurs… ou des freins puissants.
homme en gros plan passant par diverses émotions

Les émotions, premières avant la réflexion

Les neurosciences le confirment : une émotion naît avant même le raisonnement. Le dirigeant, comme tout individu, prend ses décisions en étant influencé par ses ressentis, parfois sans même en avoir conscience. Dans la veille stratégique, dans le management ou dans les arbitrages financiers, les émotions colorent la perception de la réalité et guident les choix.

  • Les émotions positives (enthousiasme, joie, fierté, curiosité) renforcent la motivation, stimulent l’innovation et favorisent la coopération.
  • Les émotions négatives (peur, colère, tristesse) ne doivent pas être rejetées : elles sont des signaux. Elles révèlent un danger, un besoin non satisfait, une valeur bafouée ou encore une déception face à une situation donnée.

Les émotions, qu’elles soient agréables ou désagréables, constituent donc des indicateurs précieux. Pour le dirigeant, l’enjeu est d’apprendre à les reconnaître, à les interpréter et peut-être les prendre en compte dans son action.

L’impact des émotions sur le management

Manager, c’est aussi accueillir les émotions de ses collaborateurs. Or, cette dimension est parfois délicate. La tentation peut être grande de les ignorer ou de les minimiser. Pourtant, les émotions fonctionnent comme des courants sous-marins : invisibles mais puissants.

  • Ignorées, elles risquent de se transformer en frustrations, en conflits ou en démotivation.
  • Écoutées et comprises, elles deviennent au contraire des leviers de cohésion, de confiance et de sens partagé.

Le manager qui prend le temps d’observer, de questionner et de comprendre les émotions individuelles et collectives dispose d’un outil puissant pour renforcer la performance de son équipe.

Il en va de même entre associés ou dirigeants. Il est important de prendre en compte son émotion et celle de ses partenaires. Elles peuvent renforcer la cohésion d’équipe si elles sont acceptées. Elles peuvent miner la communication et la cohérence quand elles sont mises de côté. 

Les émotions, contagieuses par nature

salarié stressé demandant de l'aide

Les émotions circulent et se propagent. Un collaborateur démotivé peut impacter toute une équipe, tout comme un dirigeant enthousiaste peut créer une dynamique positive durable. C’est pourquoi il est essentiel de favoriser un climat émotionnel porteur : valoriser les réussites, encourager les initiatives, reconnaître les efforts, mais aussi accompagner les moments difficiles.

Une émotion négative exprimée et accueillie peut se transformer en moteur de changement. Par exemple, la colère peut révéler un dysfonctionnement organisationnel à corriger, tandis que la tristesse peut signaler un besoin de soutien ou de reconnaissance.

Attention toutefois, prendre en compte l’émotion ne signifie pas la traiter. Le manager, l’associé n’est ni un psychologue, ni une assistante sociale. Il peut l’accueillir, il peut l’accompagner si cela est réellement de son ressort. Mais il doit renvoyer vers des professionnels compétents s’il sent que cela le dépasse.

L’intelligence émotionnelle, une compétence clé du dirigeant

La gestion des émotions en entreprise relève de ce qu’on appelle l’intelligence émotionnelle. Elle repose sur quatre capacités principales :

  1. Percevoir ses émotions : savoir les identifier au moment où elles apparaissent.
  2. Les comprendre : déchiffrer ce qu’elles expriment, le besoin ou la valeur qu’elles révèlent.
  3. Les maîtriser : réguler ses réactions pour éviter qu’elles ne débordent ou ne deviennent destructrices.
  4. Les exprimer avec justesse : communiquer de façon claire, respectueuse et constructive.

En développant son intelligence émotionnelle, le dirigeant apprend d’abord à mieux se connaître lui-même, puis à mieux comprendre et accompagner ses collaborateurs, ses clients et ses partenaires.

Les émotions, levier de performance durable

Prenons le cas des enfants. Pourquoi certains développent une passion pour des matières scolaires ou au contraire perdent pied à certains moments. Quand on les interroge, il s’avère souvent qu’une émotion est derrière. Un enseignant qui a suscité une forte émotion positive ou au contraire induit un dégoût. Et ce qui est vrai à l’école, l’est tout au long de sa vie. L’émotion génère notre manière de vivre, d’apprendre, de mémoriser, d’aimer ou de rejeter.

Et l’entreprise n’est pas un lieu déconnecté de la vie : elle est faite de relations humaines. Elle est donc un lieu où des émotions naissent et vivent. Pourquoi une équipe performe avec un manager et s’étiole avec son remplaçant ? Il s’agit souvent d’émotions qui donnent envie ou démotivent. Intégrer l’émotion dans la culture managériale, c’est renforcer le sens, la motivation et la cohésion des équipes.

Plutôt que de craindre les émotions, il s’agit de les reconnaître, de les accueillir et de les transformer en leviers de progrès. Car une entreprise qui sait mettre en mouvement les énergies émotionnelles de ses membres se donne les moyens d’une performance durable et d’un climat de travail plus serein.