Agriculture et changement climatique en 2026 : quels impacts en Bourgogne-Franche-Comté ?
Publié le 16.01.2026 par Lucie-Anne Lamard
Les principaux impacts du changement climatique sur les cultures
Ces évolutions climatiques ont des répercussions directes sur plusieurs facteurs clés de la production végétale :
1. Le décalage des cycles végétatifs
La hausse générale des températures entraîne des floraisons et des stades de développement plus précoces. Ce phénomène augmente la sensibilité des cultures aux gelées tardives, avec des conséquences parfois importantes sur les rendements.
2. Des étés plus chauds et plus secs
Les fortes chaleurs estivales augmentent l’évapotranspiration et le nombre de jours de sols secs, à une période où les besoins en eau des cultures et des fourrages sont élevés. En cas de canicule, le risque d’échaudage augmente, pouvant provoquer des pertes de rendement significatives.
3. Une pluviométrie plus irrégulière
La variabilité saisonnière et interannuelle des précipitations complique les prévisions et la gestion des cultures. Les épisodes de pluies intenses et diluviennes deviennent plus fréquents, favorisant le ruissellement, l’érosion des sols et les difficultés d’accès aux parcelles.
4. Une pression accrue des ravageurs et maladies
La diminution des jours de gel et l’augmentation de l’humidité créent des conditions favorables au développement de certains ravageurs, adventices et maladies, nécessitant une vigilance accrue et une adaptation des stratégies de protection.
5. Une gestion du pâturage plus complexe
La modification des saisonnalités impacte la qualité des prairies et les conditions de portance des sols. Les périodes de pâturage peuvent devenir plus aléatoires, alternant excès d’eau et sécheresses estivales.
Les Principaux impacts du changement climatique sur les animaux
Les élevages sont également concernés par ces évolutions climatiques :
1. Des mises à l’herbe plus délicates
Des sols plus humides au printemps peuvent compliquer les mises à l’herbe et favoriser certains troubles sanitaires, notamment les risques d’avortement.
2. Le stress thermique
Les épisodes de fortes chaleurs affectent le bien-être animal, la reproduction et les performances zootechniques, en particulier chez les bovins laitiers. La santé des mamelles et la qualité des productions laitières sont également impactées.
3. Une disponibilité fourragère plus variable
Les aléas climatiques rendent la production et la qualité des fourrages plus incertaines, nécessitant une sécurisation accrue des stocks.
Quelles stratégies d’adaptation pour faire face à ces bouleversements ?
Face à ces constats, il est essentiel d’adopter une démarche d’anticipation et de tenir compte des spécificités locales des aléas climatiques. Il n’existe pas de solution unique, mais une combinaison de leviers complémentaires, à adapter à chaque système d’exploitation.
Pour les cultures :
1. Optimiser les assolements et le choix de cultures et/ou variétés plus tolérantes aux stress climatiques et aux ravageurs
2. Diversifier les espèces cultivées, à l’échelle de l’exploitation comme en intra-parcellaire (mélanges variétaux ou multi-espèces), pour renforcer la sécurité économique.
3. Allonger les rotations (au moins 5 ans) pour limiter les ravageurs et la perte de fertilité des sols.
4. Améliorer la qualité des sols par leur couverture avec des mélanges multi-espèces. Les couverts présentent de nombreux avantages pour les sols :
- Entretien de la vie biologique
- Amélioration de la structure et de la fertilité
- Limitation de l’érosion
- Meilleure infiltration de l’eau et maintien de l’humidité
- Stockage de carbone
5. Adapter les calendriers d’interventions des cultures
Pour l’élevage :
1. Adapter la conduite du troupeau (date de mise en pâturage, ajustement de la reproduction à la disponibilité alimentaire).
2. Adapter la ration et les horaires de repas : augmenter l’appétence, ajuster la valeur alimentaire, complémenter en minéraux, cibler les heures plus fraîches…
3. Adapter les bâtiments d’élevage pour le bien-être des animaux : favoriser la ventilation (naturelle ou mécanique), réduire l’impact du rayonnement solaire (gestion des ouvertures, choix des matériaux et des couleurs, isolation), installer des brumisateurs…
4. Sécuriser les ressources fourragères en constituant un stock d’avance et en jouant sur la composition des surfaces fourragères : choisir des variétés à enracinement profond (luzerne, fétuque, dactyle…), qui stoppent leur croissance en été (plantain…) ou plus résistante aux fortes chaleur (sorgho…).
En conclusion
Même si chaque levier pris isolément peut sembler limité, leur combinaison permet de renforcer significativement la résilience des exploitations agricoles face au changement climatique. L’adaptation est un processus progressif, qui s’inscrit dans le temps et repose sur l’anticipation.
L’évolution des pratiques agricoles constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour la pérennité et la performance des systèmes agricoles de Bourgogne-Franche-Comté.